Rêve épouse-moi
La pénombre s’étire aux cloisons de la chambre. En prend possession, noircit l’angle et s’endort. Des sanguines de l’âtre il ne reste que l’ambre. Les yeux clos je sommeille et fantasme ton corps.
Ho! rêve épouse-moi et glisse avec lenteur Sur la chair assoiffée de mon corps alangui. Serpente, enroule-moi de parfums enjôleurs Souffle la déraison, aussi maintes folies .
Un voile se déchire en volutes célestes. Révèle ton visage, un regard qui dévêt. Je te vois approcher, je reste sans un geste, Le cœur mauve et tremblant j’espère ton baiser.
En vagues et remous le silence morcelle La marée des soupirs, des murmures de soie. Bouscule les coussins et froisse les dentelles De princesse rebelle ayant trouvé son roi .
Lorsque l’aube viendra tatouer les rideaux. Effacer la chimère, éclairer le décor, De mon rêve envolé, face au matin nouveau Ne reste que l’espoir de m’assoupir encore.
ANITA LAMBERTI .

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